Diriger une entreprise et courir régulièrement ne sont pas incompatibles. J'anime une agence de trente personnes et je cours un marathon en 2h28. Ce n'est pas une histoire de discipline surhumaine, c'est une histoire de système. Le dirigeant qui échoue à s'entraîner ne manque pas de volonté, il manque d'une méthode qui résiste aux semaines qui dérapent. Cette page décrit cette méthode.
Le vrai problème : la régularité, pas le temps
On croit qu'il faut des heures. En réalité, il faut de la constance. Un dirigeant qui court trois fois trente minutes chaque semaine progresse plus vite que celui qui s'inflige une sortie de deux heures un dimanche sur trois. Le corps répond à la répétition, pas à l'exploit ponctuel. Et la répétition est justement ce qu'un agenda chargé met à l'épreuve.
Le piège classique du dirigeant, c'est le tout ou rien. Une semaine parfaite à cinq sorties, suivie de trois semaines à zéro parce qu'un dossier a explosé. Cette alternance ne construit rien et use le moral. Mieux vaut viser un socle bas et tenable, trois séances, et le défendre bec et ongles, que viser haut et s'effondrer.
Le format qui tient dans un agenda de dirigeant
Trois séances hebdomadaires, chacune avec un rôle précis. Une sortie facile en endurance, où l'on doit pouvoir tenir une conversation, pour construire le fond. Une séance de fractionné, plus courte mais intense, qui fait progresser la vitesse et la capacité cardiaque en peu de temps. Une sortie un peu plus longue, souvent le week-end, pour habituer le corps à durer.
Le fractionné mérite une mention à part, car c'est l'arme du pressé. Vingt minutes d'alternance entre efforts soutenus et récupérations valent mieux qu'une heure de footing mou. En pratique : dix minutes d'échauffement, une série de portions rapides entrecoupées de trot, cinq minutes de retour au calme. Trente-cinq minutes montre en main, un gain réel.
Caser les séances quand les journées débordent
La règle qui change tout : bloquer les créneaux dans l'agenda comme des rendez-vous clients. Une séance qui n'a pas d'horaire fixe est une séance qui saute. Trois plages verrouillées dans la semaine, traitées avec le même sérieux qu'une réunion de comité, tiennent quand tout le reste bouge.
- Le matin est le créneau le plus solide : à 7 heures, aucune urgence professionnelle ne peut manger la séance. Le sujet de courir tôt mérite sa propre logistique, développée sur notre page dédiée
- Le midi fonctionne près du bureau, mais reste vulnérable aux réunions qui débordent. À réserver aux jours où l'agenda le permet vraiment
- Les déplacements sont un créneau sous-estimé : une paire de chaussures dans le sac, et une ville inconnue devient un terrain de découverte à l'aube, avant le premier rendez-vous
Tenir dans la durée
La motivation ne se décrète pas, elle s'organise. Deux dispositifs marchent mieux que toute résolution. D'abord un objectif daté : inscrivez-vous à une course, payez le dossard. Un engagement concret et irréversible transforme une vague intention en échéance. Ensuite un rendez-vous collectif : on saute une sortie solo sans culpabilité, on saute beaucoup moins un rendez-vous où d'autres attendent.
C'est précisément ce que je constate depuis 2022 avec Entrep'runners. Des dirigeants qui n'arrivaient pas à courir seuls tiennent une sortie mensuelle depuis des années, simplement parce qu'elle est dans l'agenda et que le groupe est là. Le collectif fait le travail que la volonté seule ne fait pas. Si vous voulez tester ce ressort, le club est ouvert et gratuit.

Les erreurs qui coûtent cher
- Repartir trop fort : un dirigeant compétitif veut des résultats vite et se blesse dans le premier mois. La progressivité n'est pas une option, c'est ce qui évite l'arrêt sur blessure
- Négliger le sommeil : s'entraîner en dormant cinq heures ne construit rien, ça épuise. Le repos fait partie de l'entraînement, pas contre lui
- Attendre la séance parfaite : la sortie de vingt minutes bâclée entre deux réunions vaut infiniment mieux que la belle sortie d'une heure qui n'a jamais lieu
Pour comprendre pourquoi cet effort est un investissement et pas une dépense, voyez notre page sur le sport et la performance du dirigeant. Et si vous reprenez après des années sans courir, notre guide sur la reprise après 40 ans détaille la progressivité spécifique à cette situation.
