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Entraînement

Courir quand on dirige : une question de méthode, pas de temps.

« Je n'ai pas le temps de courir » est la phrase que j'entends le plus souvent de la part des dirigeants. C'est presque toujours faux. Le temps existe, c'est la méthode qui manque. Voici comment un chef d'entreprise débordé peut s'entraîner sérieusement avec deux heures par semaine, sans y laisser ses soirées ni sa motivation.

Julien Dereumaux
Par Julien Dereumaux, organisateur Entrep'runners depuis 2022
Publié le 17 juin 2026 · Mis à jour le 19 juin 2026

Diriger une entreprise et courir régulièrement ne sont pas incompatibles. J'anime une agence de trente personnes et je cours un marathon en 2h28. Ce n'est pas une histoire de discipline surhumaine, c'est une histoire de système. Le dirigeant qui échoue à s'entraîner ne manque pas de volonté, il manque d'une méthode qui résiste aux semaines qui dérapent. Cette page décrit cette méthode.

Le vrai problème : la régularité, pas le temps

On croit qu'il faut des heures. En réalité, il faut de la constance. Un dirigeant qui court trois fois trente minutes chaque semaine progresse plus vite que celui qui s'inflige une sortie de deux heures un dimanche sur trois. Le corps répond à la répétition, pas à l'exploit ponctuel. Et la répétition est justement ce qu'un agenda chargé met à l'épreuve.

Le piège classique du dirigeant, c'est le tout ou rien. Une semaine parfaite à cinq sorties, suivie de trois semaines à zéro parce qu'un dossier a explosé. Cette alternance ne construit rien et use le moral. Mieux vaut viser un socle bas et tenable, trois séances, et le défendre bec et ongles, que viser haut et s'effondrer.

Le format qui tient dans un agenda de dirigeant

Trois séances hebdomadaires, chacune avec un rôle précis. Une sortie facile en endurance, où l'on doit pouvoir tenir une conversation, pour construire le fond. Une séance de fractionné, plus courte mais intense, qui fait progresser la vitesse et la capacité cardiaque en peu de temps. Une sortie un peu plus longue, souvent le week-end, pour habituer le corps à durer.

Une semaine type : trois séances suffisentLunMarMerJeuVenSamDimReposEndurance30-40 minReposFractionné35 minReposReposSortie longue45-60 minEnviron 2 heures par semaine, une seule sortie en commun suffit
Une semaine d'entraînement tenable avec un agenda de dirigeant. Schéma Entrep'runners.

Le fractionné mérite une mention à part, car c'est l'arme du pressé. Vingt minutes d'alternance entre efforts soutenus et récupérations valent mieux qu'une heure de footing mou. En pratique : dix minutes d'échauffement, une série de portions rapides entrecoupées de trot, cinq minutes de retour au calme. Trente-cinq minutes montre en main, un gain réel.

Caser les séances quand les journées débordent

La règle qui change tout : bloquer les créneaux dans l'agenda comme des rendez-vous clients. Une séance qui n'a pas d'horaire fixe est une séance qui saute. Trois plages verrouillées dans la semaine, traitées avec le même sérieux qu'une réunion de comité, tiennent quand tout le reste bouge.

Tenir dans la durée

La motivation ne se décrète pas, elle s'organise. Deux dispositifs marchent mieux que toute résolution. D'abord un objectif daté : inscrivez-vous à une course, payez le dossard. Un engagement concret et irréversible transforme une vague intention en échéance. Ensuite un rendez-vous collectif : on saute une sortie solo sans culpabilité, on saute beaucoup moins un rendez-vous où d'autres attendent.

C'est précisément ce que je constate depuis 2022 avec Entrep'runners. Des dirigeants qui n'arrivaient pas à courir seuls tiennent une sortie mensuelle depuis des années, simplement parce qu'elle est dans l'agenda et que le groupe est là. Le collectif fait le travail que la volonté seule ne fait pas. Si vous voulez tester ce ressort, le club est ouvert et gratuit.

Coureurs et familles du club Entrep'runners au Groupama Stadium à Lyon, dossards au départ d'une course
Une sortie du club autour d'une course : un objectif daté et un groupe qui vous attend font tenir la régularité mieux que la seule volonté. · Photo : Entrep'runners · Source · © Entrep'runners

Les erreurs qui coûtent cher

Pour comprendre pourquoi cet effort est un investissement et pas une dépense, voyez notre page sur le sport et la performance du dirigeant. Et si vous reprenez après des années sans courir, notre guide sur la reprise après 40 ans détaille la progressivité spécifique à cette situation.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour s'entraîner à la course quand on dirige ?+
Trois séances de 30 à 45 minutes par semaine suffisent à progresser, soit environ deux heures hebdomadaires. C'est moins qu'une réunion qu'on déplace sans y penser. L'enjeu n'est pas de trouver des heures, c'est de protéger ces trois créneaux comme des rendez-vous non déplaçables.
Peut-on progresser en courant seulement trois fois par semaine ?+
Oui, nettement. Trois séances bien construites (une en endurance facile, une de fractionné, une un peu plus longue le week-end) permettent d'amener un débutant à un 10 km, puis à un semi. La plupart des plans grand public reposent d'ailleurs sur trois séances. Au-delà, on gagne à la marge, au prix d'un temps que peu de dirigeants ont.
Vaut-il mieux courir le matin ou le midi quand on est débordé ?+
Le matin protège la séance des imprévus de la journée : à 7 heures, aucune réunion ne peut la manger. Le midi fonctionne aussi, surtout près du bureau, mais il saute plus souvent. Le meilleur créneau est celui que vos semaines réelles laissent tranquille, pas celui qui est théoriquement idéal.
Comment ne pas lâcher au bout de trois semaines ?+
Deux leviers. Un objectif daté qui vous engage : inscrivez-vous à une course, payez le dossard, ça change tout. Et un rendez-vous collectif régulier : on saute plus facilement une sortie solo qu'un rendez-vous où d'autres vous attendent. C'est exactement le ressort d'un club comme Entrep'runners.
Faut-il un coach quand on est un dirigeant qui se met à courir ?+
Pas au début. Un plan simple sur trois séances et un peu de régularité suffisent pour les premiers mois. Un coach devient utile quand vous visez un chrono précis, quand vous stagnez, ou quand des douleurs reviennent. Avant ça, l'argent et le temps sont mieux investis dans une paire de chaussures adaptée et une inscription à une course.

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Une sortie conviviale par mois entre dirigeants lyonnais. Départ chez Pilot'in, 8 à 10 km, apéro après.

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